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Aujourd’hui, un sentiment de fin du monde domine de toutes parts. Une rupture s’établit avec nos valeurs morales, politiques, individuelles, qui sont dévalorisées et méprisées et la chosification dite “moderne”de tous les éléments de notre vie. Des antagonismes mortels se font jour aussi bien entre des personnes qu’entre les Etats ou les multinationales.
Le capitalisme d’après guerre s’est fait “keynésien”, en mariant l’initiative privée et l’intervention de l’État obtenant une trentaine d’années de prospérité : “les trente glorieuses” . Cet équilibre est entré en crise à la fin des années 60. La sphère financière s’est accrue de façon désordonnée. L’apparition de l’informatique et de la robotique vient donner au système productif, un caractère foncièrement nouveau, caractérisé en particulier par le remplacement du capital humain par le capital machine, par la mondialisation, par les délocalisations… toutes choses qui bouleversent l’ensemble des données antérieures.
La grave crise économique que nous traversons conduit vers le déclin final du libéralisme. Notre époque voit donc culminer les contradictions. L’homme lui-même se fait marchandise. L’individu se retrouve seul face à la barbarie du marché. La mondialisation n’aurait un sens positif que si elle faisait de l’Homme la mesure de toute chose. Là se situe l’enjeu majeur des années qui s’ouvrent.
Par l’intermédiaire d’Internet en particulier, l’individualité surgit comme une donnée irrépressible dans toutes les dimensions de la société. Elle exige d’être prise en compte à travers tous les problèmes qui concernent la vie sociale ou individuelle. Elle refuse de plus en plus toute délégation de pouvoir, voulant participer directement aux décisions qui la concernent. En cela, elle ne se retrouve plus dans les hommes et les institutions qui nous gouvernent. Elle refuse ce simulacre de démocratie à l’occidentale aussi bien sur le plan national qu’international et demande l’avènement d’une véritable démocratie universelle.
Nous sommes arrivés à un tournant de l’histoire de l’humanité et notre responsabilité est immense. Il ne s’agit plus d’utiliser la science pour développer une production qui dépasse désormais les possibilités de notre Terre, mais pour trouver d’autres solutions au développement humain afin sauver la planète du désastre où conduit le gaspillage (surtout militaire) et la surexploitation de ses richesses par un libéralisme sans scrupule. L’évolution du capitalisme est arrivé à son terme historique au-delà duquel c’est la vie même, telle que nous la connaissons, qui risque de disparaître sur la planète. On a démontré qu’il faudrait plusieurs Terre pour amener le mode de vie de tous les humains à celui des U.S.A. !
Ainsi, la recherche de l’égalité matérielle entre les hommes conduirait à un véritable suicide. On peut le déplorer, mais c’est une triste et incontournable réalité dont il faut savoir tirer les conséquences. L’égalité ne peut être qu’une égalité de droit, une égalité de dignité. . Dans la devise “liberté égalité fraternité”, l’égalité n’est pas une utopie, elle est l’égalité des droits et des devoirs devant la loi. En ce sens, elle garde toute la valeur révolutionnaire que lui ont donnée les hommes de 1789. En ce sens encore, elle contient la condamnation de tout racisme, de toute discrimination arbitraire dont souffrent encore des milliards d’hommes.
A travers des êtres biologiques très semblables quant à leur constitution, nous sommes tous différents. Et donc, en un certain sens, nous sommes forcément inégaux vis-à-vis du monde, vis-à-vis des autres. Nous devons traiter ces inégalités initiales pour les réduire socialement à leur minimum. Mais l’arrivée ne peut être que différente pour chacun, suivant ses goûts, suivant son travail, suivant ses capacités suivant ses espérances.