Partager l'article ! 5° PARTIE: La dispersion sociale de l'information: L’information sociale est à l’origine de la maîtrise de la nature par l’homme. Elle s ...
L’information sociale est à l’origine de la maîtrise de la nature par l’homme. Elle se disperse à travers tous les membres de la société de plus en plus rapidement avec le développement explosif des nouveaux médias. Si bien que notre Terre semble avoir pris des dimensions à la taille de l’individu.
L’information sociale a pour origine exclusive le travail des hommes et il n’est pas exagéré de dire que le travail nous a fait sortir du monde biologique et nous ouvre les portes de la maîtrise de notre destinée. L’information sociale a deux caractéristiques nouvelles : c’est une information consciente qui est à l’origine de la puissance sociale individuelle Les freins individuels qui s’opposent à son plein développement ont pour nom opinions et habitudes. Il est très difficile de les modifier même sous une avalanche d’arguments scientifiquement incontestables. Les freins sociaux correspondants sont liés à l’action de la classe dirigeante qui cherche par tous les moyens à préserver ses valeurs, ses secrets, pour garder le pouvoir.
Cependant, l’information sociale se disperse de plus en plus vite, de plus en plus globalement, et il est de plus en plus difficile de garder un secret. De l’esclavagisme au capitalisme contemporain, les structures sociales s’appuient sur des systèmes exigeant de plus en plus de capacités individuelles complexes, exigeant aussi une liberté de plus en plus grande de chacun. C’est vers une liberté maximale de l’homme que tend toute l’évolution de l’humanité. Le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » doit devenir la vraie devise des humanistes d’aujourd’hui.
Le second chapitre expose les nouvelles structures sociales dont pourrait se doter le XXI e siècle. Après avoir montré que « les rétroactions positives en économie » étaient à la source de contradictions croissantes dans notre société, on se pose la question de savoir sur quelles bases établir les principes d’une société nouvelle concourant au plein développement de chaque personnalité.
On propose alors un parallélisme un peu osé entre les structures de « systèmes auto organisés » comme les êtres vivants et les futures structures sociales. Le principe du minimum (ou de moindre action) y joue un rôle central. Mais les progrès, dus aussi bien à l’informatisation des systèmes de production qu’à la mondialisation des circuits économiques, dépassent les limites de l’intelligence humaine individuelle appelant ainsi un système de gestion beaucoup plus démocratique que l’archaïsme du pouvoir absolu du patron, que nous connaissons.
Comme Brecht, on pense « qu’un homme qui n’a qu’une théorie est un homme perdu », et que la libération humaine ne peut-être que plurielle à chacun de ses niveaux. Il faut donc concevoir des formations (politiques et autres), des organes de direction à l’unisson des aspirations des hommes. Pour épargner au monde une trop prévisible catastrophe, c’est la place de la personne humaine dans la société qu’il faut changer. Tel est le moyen incontournable pour disperser au maximum la riche et multiple information sociale qui s’amoncelle chaque jour.
Enfin, le dernier chapitre : « La dispersion ultime de l’information », montre comment (quel que soit le système social), le développement du « transport du flux informatif social », à travers les réseaux, tend à substituer au flux informatif naturel, un flux totalement artificiel. Les communications par ordinateurs bouleverseront les échanges humains parce qu’ils transformeront l’organisation de l’espace, du temps et même de l’individualité à travers le développement tout proche de « la réalité virtuelle ». La prochaine génération de machines nous parlera, nous comprendra, réagira à nos comportements. Elles pénétreront dans chaque foyer, chaque bureau et feront office d’interlocuteur entre nous et la plus grande partie de l’information et de l’expérience humaine destinée a nous toucher.
Ce peut être la source d’un progrès décisif sur la domination totale du monde (et des maladies en particulier) par les hommes. Mais une communication mondiale dans le cyberespace peut s’avérer avoir un arrière-goût de silicium qui fait froid dans le dos. Nous sommes probablement à l’aube d’aborder le problème le plus important que l’espèce humaine ait eu à résoudre : la substitution d’un flux informatif totalement artificiel au flux informatif naturel qui l’a déterminé depuis son apparition. Á travers une telle puissance, le seul salut possible me paraît résider dans une démocratisation maximum de tous les rouages de la société.